Un robot pâtissier qui cuit, mélange et mijote en même temps – le concept paraît presque trop beau. Et pourtant, c’est exactement ce que propose le Cooking Chef Gourmet de Kenwood, à condition de comprendre comment l’exploiter vraiment.
Beaucoup l’achètent pour pétrir de la pâte et n’utilisent jamais la moitié de ses fonctions. Ce guide existe pour changer ça.
Caractéristiques techniques du Cooking Chef Gourmet
Le Cooking Chef Gourmet repose sur un moteur de 1 500 W couplé à un système de chauffe par induction intégré directement dans la base. Le bol en inox affiche une capacité de 6,7 litres – de quoi travailler des pâtes en grande quantité ou mijoter un plat pour six personnes.
La machine propose 9 vitesses de mélange, une plage de température allant de 20 °C à 180 °C, et un écran digital avec minuterie intégrée. Son poids : 12,88 kg. Ce n’est pas un appareil qu’on range et ressort tous les jours – une fois posé sur le plan de travail, il y reste. Comptez 1 299 € au prix catalogue.
Deux détails méritent attention : le moteur est garanti à vie par Kenwood, et les matériaux sont certifiés sans Bisphénol A. Pour un équipement de cette gamme, c’est une forme de garantie sur la durée, pas seulement sur la performance immédiate.
Combien de programmes propose le Cooking Chef Gourmet?

Le Cooking Chef Gourmet embarque 24 programmes répartis en trois domaines : pâtisserie, mixage et cuisson. C’est la version Gourmet qui pousse le plus loin la partie cuisson, avec 8 modes dédiés contre seulement 5 sur le modèle Premium.
Ces 8 modes couvrent des techniques très différentes :
- Rissoler
- Saisir
- Caraméliser
- Frire
- Mijoter
- Bouillir
- Cuisson lente haute et basse
- Vapeur
La programmation monte jusqu’à 8 heures – soit presque trois fois plus que l’ancien modèle qui s’arrêtait à 3 heures. Pour un boeuf bourguignon ou une cuisson lente basse température, c’est la différence entre un plat qu’on surveille et un plat qu’on lance avant de partir travailler.
Les vitesses intermittentes passent également de 2 à 9 niveaux, ce qui affine considérablement le contrôle du mélange pendant la cuisson.
Comment fonctionne le Cooking Chef Gourmet?
Le système de chauffe fonctionne par induction intégrée sous la cuve. Contrairement à une plaque de cuisson classique, la chaleur est générée directement dans le fond du bol inox, sans passer par une résistance externe.
Résultat : la montée en température est rapide, et surtout homogène sur toute la surface de contact.
La précision de chauffe repose sur deux capteurs positionnés sous la cuve. Ces capteurs lisent la température en continu et ajustent la puissance en conséquence.
C’est ce qui permet de maintenir une température stable au degré près – une fondue qui reste à 60 °C sans bouillonner, une crème anglaise à 82 °C sans coaguler.
L’interface digitale affiche la température cible, la température réelle, la vitesse et le temps restant. On navigue entre les programmes via un sélecteur rotatif et quelques touches. Le système est lisible, sans être complexe – on prend ses marques en deux ou trois utilisations.
Comment faire chauffer et éteindre le Cooking Chef Gourmet?

Pour lancer la chauffe, deux options s’offrent à vous. En mode programme automatique, la machine sélectionne la plage de température adaptée à la technique choisie.
En mode manuel, vous réglez vous-même de 20 °C à 180 °C, au degré près, en tournant le sélecteur. Kenwood recommande de ne pas dépasser 3 litres de préparation en mode cuisson, pour garantir une chauffe homogène et éviter les débordements.
Pour éteindre la machine, appuyez sur le bouton principal. La procédure à suivre ensuite est simple mais non négociable :
- Attendre que le bol refroidisse avant de le démonter
- Ne pas débrancher à chaud – le système de sécurité interne prolonge le refroidissement de manière autonome
- Si vous ne faites rien entre deux phases de programme, la machine s’arrête automatiquement au bout de 15 minutes
Ce dernier point évite les oublis – mais pensez tout de même à vérifier l’état de votre préparation si vous vous absentez pendant une longue cuisson programmée.
Que peut-on cuisiner avec le Cooking Chef Gourmet?
La vraie force de cet appareil, c’est la simultanéité : il peut pétrir une pâte pendant qu’elle chauffe, fouetter une crème tout en maintenant une température constante, mélanger une sauce sans qu’elle accroche. C’est ce que ne fait aucun robot pâtissier classique.
Un velouté de légumes se prépare intégralement dans la cuve – on fait revenir l’oignon, on ajoute les légumes, on cuit à 100 °C jusqu’à tendreté, puis on mixe avec le blender séparé. Pour un gratin de pommes de terre, la machine peut précuire les tranches directement dans le bol avant passage au four.
Les croissants, les brioches, les pâtes à pain bénéficient du pétrissage au crochet avec une régularité difficile à obtenir à la main. Les risottos sont particulièrement adaptés : la machine maintient la température de nacrage et remue en continu – le grain reste al dente sans qu’on touche une cuillère.
Les crèmes pâtissières, les lemon curds, les caramels à sec à haute température – tout ce qui demande précision et surveillance constante devient gérable.
Les accessoires de découpe changent tout : julienne et brunoise

Le Cooking Chef Gourmet est livré avec 6 disques de découpe : éminceur, râpe fine, râpe grosse, et disque julienne notamment. Pour réaliser une julienne de carottes ou de courgettes, on installe le disque correspondant sur l’accessoire de coupe, on insère les légumes par le tube, et la machine fait le travail.
Une cuisson optionnelle à 120 °C pendant 5 minutes dans la cuve suffit à blanchir légèrement la julienne si vous souhaitez l’intégrer dans un plat chaud.
L’accessoire brunoise KAX400PL est vendu séparément. Il produit des cubes réguliers de 1 cm exactement – une précision difficile à tenir au couteau sur de grandes quantités. Il fonctionne sur des légumes, des fruits, du fromage à pâte ferme et du jambon.
La procédure d’utilisation est précise : positionner l’accessoire sur la sortie lente du robot, puis enclencher le variateur à vitesse 4. La capacité de traitement est théoriquement illimitée – vous alimentez la machine en continu sans pause forcée.
Pour des préparations comme une fondue de poireaux en grande quantité, cet accessoire change la donne.
Comment faire des croissants avec le Cooking Chef Gourmet?
Voici les étapes clés avec les réglages précis à chaque phase :
- Pétrissage : installer le crochet pétrin, placer les ingrédients dans le bol, lancer à vitesse 1 pendant 6 minutes. La pâte doit se décoller des parois proprement en fin de pétrissage – c’est le signe que le gluten est bien développé.
- Première pousse : couvrir le bol avec un film, laisser lever à température ambiante ou en étuve douce. La pâte doit doubler de volume.
- Tourage : cette étape se fait hors machine, sur plan de travail fariné. Incorporer le beurre en feuilletant – trois tours simples minimum, avec repos au froid entre chaque.
- Façonnage : découper des triangles, rouler en croissants, laisser pousser une deuxième fois jusqu’à ce qu’ils soient gonflés et tremblotants au toucher.
- Cuisson four : 12 à 15 minutes selon la taille, four préchauffé à 180-190 °C. La coloration doit être dorée, pas brune. Une recette standard donne environ 15 croissants.
Le crochet pétrin du Cooking Chef Gourmet est particulièrement adapté aux pâtes enrichies en beurre – la vitesse lente et la géométrie du crochet évitent de faire chauffer la pâte, ce qui ruinerait le feuilletage.
Le Cooking Chef Gourmet s’impose face à ses concurrents sur le segment premium

La comparaison la plus directe est avec le Cooking Chef Premium, le modèle d’entrée de gamme dans la même gamme Kenwood. L’écart est net :
| Critère | Cooking Chef Premium | Cooking Chef Gourmet |
|---|---|---|
| Modes de cuisson | 5 | 8 |
| Durée max de programmation | 3 heures | 8 heures |
| Vitesses intermittentes | 2 | 9 |
| Garantie moteur | À vie | À vie |
Face aux robots cuiseurs concurrents comme le Thermomix TM6, le Cooking Chef Gourmet se distingue sur un point crucial : il conserve la structure d’un vrai robot pâtissier avec sa tête inclinable, ses accessoires professionnels et sa capacité de pétrissage.
Le Thermomix gagne en automatisation mais perd en volume (2,2 L contre 6,7 L) et en capacité de travail mécanique des pâtes lourdes. À 1 299 €, le Gourmet cible un profil précis : quelqu’un qui pétrit régulièrement et veut aussi cuisiner dans la même machine, sans compromis sur l’un ou l’autre.
Ce que les utilisateurs reprochent (et apprécient) vraiment au Cooking Chef Gourmet
Les retours positifs reviennent systématiquement sur les mêmes points. La précision de la chauffe par induction est unanimement saluée – les utilisateurs qui faisaient leurs crèmes et sauces à la casserole en surveillant constamment notent une fiabilité nettement supérieure.
La polyvalence convaincante : des gens qui l’ont acheté pour faire du pain s’aperçoivent six mois plus tard qu’ils l’utilisent aussi pour les risottos, les confitures et les veloutés.
La garantie moteur à vie est perçue comme un vrai engagement, pas un argument commercial – sur un appareil à ce prix, c’est un filet de sécurité réel.
Les critiques sont tout aussi concrètes. Le poids de 12,88 kg est régulièrement mentionné – déplacer la machine seul est inconfortable, et si votre plan de travail est encombré, vous allez devoir arbitrer.
La limite de 3 litres en cuisson surprend parfois les acheteurs qui espéraient préparer une grande quantité de soupe directement dans le bol de 6,7 L.
Et bien sûr, 1 299 € reste un investissement difficile à justifier pour quelqu’un qui cuisine peu – cet appareil prend tout son sens à raison de plusieurs utilisations par semaine.
Un bémol plus technique : la montée en gamme des accessoires (comme le KAX400PL pour la brunoise) représente un coût supplémentaire non négligeable. Le prix d’entrée n’est pas le prix total si vous voulez exploiter toutes les fonctions.
Ceux qui font des gâteaux régulièrement y trouvent leur compte rapidement – les autres mettront plus de temps à amortir l’investissement.
Le Cooking Chef Gourmet n’est pas parfait. Mais pour quelqu’un qui cuisine vraiment – qui pétrit, qui mijote, qui cherche à gagner en précision sans perdre en liberté – c’est l’un des seuls appareils du marché capable de remplacer à la fois le robot pâtissier, la cocotte et le thermomètre de cuisson. Trois outils en un, à condition de l’utiliser comme tel.