Bouillie bordelaise : Le dosage pour préparer 1 litre

Vous avez un petit pulvérisateur, une poignée de feuilles tachées, et une question toute bête : combien de poudre je mets pour un litre d’eau ? C’est là que beaucoup se plantent, parce qu’on a tendance à “arrondir” au feeling.

Sauf qu’avec les produits à base de cuivre, trop concentré peut marquer le feuillage et charger le sol, et trop dilué peut servir à… rassurer votre conscience, mais pas vos plantes.

On va faire simple et concret : comment convertir proprement une indication du paquet, comment mélanger sans grumeaux, et surtout quelles quantités sont généralement indiquées selon les cultures (tomates, pommes de terre, vigne, fruitiers, rosier, olivier, laurier-rose).

Et oui, on parlera aussi du cas Solabiol, parce que beaucoup de jardiniers ont ce conditionnement-là.

Avant de mesurer, pourquoi l’étiquette doit toujours gagner ?

Deux boîtes de bouillie bordelaise peuvent se ressembler… et pourtant ne pas se doser pareil. La raison est simple : la formulation, la teneur en cuivre et la présentation (poudre, micro-granulés, sachets hydrosolubles, doseur) changent.

Le site de conseils Gamm vert rappelle une règle claire : la quantité à diluer dépend du végétal et de la maladie, avec des indications qui peuvent aller d’environ 4 g à 25 g par litre d’eau selon les cas.

Donc la bonne logique, c’est : vous partez de l’étiquette, puis vous utilisez les repères ci-dessous pour vérifier que vous êtes dans quelque chose de cohérent.

Si votre paquet dit 6,25 g pour certaines cultures, ne montez pas à 20 g “parce que vous avez peur”. Plus fort ne veut pas dire plus efficace, surtout si la pluie lessive tout le lendemain.

Le geste qui évite les grumeaux : comment mélanger proprement ?

dosage bouillie bordelaise pour 1 litre 1

Un litre, c’est petit, donc on a vite fait de verser la poudre directement dans le fond du pulvérisateur et de secouer comme un shaker.

Mauvaise idée : vous risquez une boue au fond, et une pulvérisation inégale. Faites plutôt comme ça : versez d’abord un peu d’eau (environ la moitié), ajoutez la quantité de produit, mélangez, puis complétez avec le reste d’eau. Et vous agitez encore avant de pulvériser.

Avec les sachets hydrosolubles, respectez le mode d’emploi (certains demandent un petit temps de dissolution). Et évitez les récipients métalliques pour la préparation, par réflexe de prudence. Le but est d’obtenir une suspension homogène, pas une pâte au fond.

Tableau dosage bouillie bordelaise : la quantité par litre, culture par culture

Pour être fiable, je m’appuie ici sur deux types de sources : les conseils généralistes (Gamm vert) et une fiche produit très utilisée en jardinerie, la fiche Solabiol “Potager & Verger” (édition 2021) qui donne des quantités en grammes et en fractions de doseur pour un litre, sur 10 m². C’est parfait pour un jardinier : on parle enfin le même langage que votre pulvérisateur.

Le tableau ci-dessous vous donne des ordres de grandeur. Vous remarquerez un point important : certaines cultures “acceptent” des doses élevées (pomme de terre, vigne), tandis que d’autres sont souvent traitées plus léger (tomate selon formulation).

Ce n’est pas un hasard : la sensibilité du feuillage et les usages homologués entrent en jeu.

Culture (cas fréquent)Quantité indicative à diluer dans 1 L d’eauSource de repère (à recouper avec votre emballage)
Tomate / aubergine (mildiou, prévention)6,25 g (soit environ un demi-doseur sur certains produits)Fiche Solabiol Potager & Verger (2021)
Pomme de terre (mildiou)25 g (souvent 2 doseurs selon conditionnement)Fiche Solabiol Potager & Verger (2021)
Vigne (mildiou, usage jardin)25 g sur certains produits grand publicFiche Solabiol Potager & Verger (2021)
Arbres fruitiers à pépins (pommier, poirier…)12,5 g sur certains produitsFiche Solabiol Potager & Verger (2021)
Rosier (taches, rouille, maladies foliaires)12 à 15 g selon usagesMaison & Travaux (2026), Jardipartage
Olivier (œil de paon, bactériose selon contexte)10 à 12,5 g selon recommandationsOlivarbo (2026), Le Parisien (jardin)
Laurier-rose (maladies foliaires, traitement au cuivre)10 à 20 g selon prudence et produitGuides jardiniers (traitement cuivre laurier-rose)

Important : ces valeurs sont des repères, pas une autorisation à improviser. Si votre boîte indique 3,75 g, 6 g, 12,5 g ou 25 g pour votre culture, vous suivez votre boîte. Le but du tableau est de vous éviter la bourde classique : mettre 25 g partout “parce que c’est rond”.

Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre tomate et pommes de terre : même maladie, pas forcément la même dose

dosage bouillie bordelaise pour arbres fruitiers

Dans le potager, la tentation est de traiter tomates et pommes de terre de la même manière, parce que le mot “mildiou” fait peur.

Or, selon les formulations grand public, on voit des quantités très différentes : la fiche Solabiol “Potager & Verger” propose par exemple 6,25 g par litre pour tomate/aubergine, mais 25 g par litre pour la pomme de terre. Ça surprend, mais c’est justement pour ça qu’il faut arrêter de deviner.

Le deuxième piège, c’est la fréquence. Beaucoup pulvérisent “tous les dimanches” comme un rituel.

Alors que les conseils de Gamm vert insistent plutôt sur le bon moment : intervenir quand les conditions favorisent la maladie (humidité, pluies répétées), et éviter de traiter juste avant une grosse pluie qui va tout lessiver.

Un traitement qui part dans le caniveau, c’est une dose perdue et du cuivre en trop dans l’environnement.

Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre vigne et fruitiers : la vraie question, c’est le timing

Sur la vigne, l’efficacité se joue surtout sur l’anticipation.

La fiche Solabiol donne une quantité par litre pour ce type de culture, mais ce qui fait la différence, c’est de traiter avant que la pression maladie ne s’installe, et de renouveler seulement si les conditions restent très humides. Là aussi, “plus souvent” n’est pas automatiquement “mieux”.

Pour les fruitiers, c’est encore plus vrai : on ne pulvérise pas de la même façon sur bois nu, au débourrement, ou en pleine végétation.

Les médias jardin comme Maison & Travaux rappellent que les usages du cuivre varient selon les maladies (tavelure, cloque, chancres), et que l’objectif est souvent de protéger au bon stade, pas de “doucher” un arbre toute la saison.

Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre laurier rose, olivier, laurier-rose : les cas où on hésite toujours

dosage bouillie bordelaise pour 1 litre tomate

Le rosier est un classique : vous voyez des taches, vous paniquez, et vous voulez un “grand nettoyage”.

Plusieurs guides jardiniers donnent des repères autour de 12 à 15 g par litre pour des maladies foliaires, mais l’essentiel est ailleurs : pulvériser sur un feuillage sec, éviter les heures chaudes, et viser une couverture fine sans ruissellement. Si ça dégouline, vous avez trop mis.

L’olivier, lui, revient souvent dans les discussions à cause de l’œil de paon. Des ressources dédiées à l’oléiculture au jardin (comme Olivarbo) parlent de doses autour de 10 à 12 g par litre selon la pression maladie, et d’un usage plutôt placé au printemps et à l’automne.

Le Parisien (rubrique jardin) mentionne aussi 12,5 g par litre dans certains repères. Traduction : on reste dans des quantités modérées, et on soigne surtout l’aération et l’humidité (taille, drainage) pour éviter de devoir traiter sans arrêt.

Le laurier-rose, enfin, demande une double prudence : d’une part parce que les guides évoquent des plages assez larges (souvent 10 à 20 g par litre selon produit), d’autre part parce que la plante est toxique.

Donc gants, nettoyage du matériel, et on évite de pulvériser là où des enfants ou des animaux vont toucher les feuilles juste après. Ce n’est pas “stressant”, c’est juste responsable.

Bien utiliser ce traitement, ça veut dire quoi au quotidien ?

On peut résumer en 6 réflexes. Pas de blabla, juste ce qui vous évite les erreurs :

  • Respectez l’étiquette : c’est la règle n°1, surtout si votre produit est dosé différemment.
  • Préparez seulement la quantité utile : un litre, c’est souvent suffisant pour quelques plants ou un petit arbre.
  • Pulvérisez fin : l’objectif est un film léger, pas une douche bleue.
  • Évitez la pluie juste après : sinon, vous traitez… la terre.
  • Évitez la chaleur : en plein soleil, vous augmentez le risque de marquage du feuillage.
  • Restez raisonnable : le cuivre s’accumule, donc on limite aux périodes utiles.

Sur ce dernier point, plusieurs articles jardin (dont Le Parisien) rappellent une idée importante : on ne traite pas “par habitude”. On traite quand il y a un risque réel, et on évite d’augmenter les quantités “pour être sûr”. C’est précisément l’inverse d’une bonne pratique.

Dosage bouillie bordelaise solabiol pour 1 litre: convertir un doseur en grammes sans se tromper

tableau dosage bouillie bordelaise

Si vous utilisez un produit avec doseur, la fiche Solabiol “Potager & Verger” donne un repère utile : 12,5 g correspond à un doseur entier, 6,25 g à un demi-doseur, et 25 g à deux doseurs pour certains usages. C’est pratique quand vous n’avez pas de balance de précision.

Le bon réflexe, c’est de noter votre repère une fois pour toutes sur une étiquette dans le cabanon : “1 doseur = 12,5 g (si c’est bien le cas de mon produit)”. Comme ça, la prochaine fois, vous ne refaites pas le calcul en stress. Vous gagnez du temps et vous évitez les approximations.

Si vous ne deviez retenir qu’une phrase : pour un litre, on cherche la justesse, pas la puissance. Parce qu’au jardin, le vrai “hack”, c’est de traiter moins, mais mieux.